Des violences répétées dans le Val d’Oise : La conséquence du manque de moyens dans l’éducation

Des violences répétées dans le Val d’Oise : La conséquence du manque de moyens dans l’éducation

En une semaine, deux professeurs et une AED ont été victimes d’agressions commises par des élèves. Malgré ce que le ministre veut nous faire croire, la rentrée ne se passe pas correctement et se déroule dans un climat très tendu favorisant les incidents et les violences.

Mercredi 2 octobre, un professeur du lycée La Tourelle de Sarcelles se fait rouer de coups avoir après demandé à un élève d’enlever sa casquette. L’enseignant se retrouve en arrêt maladie pendant 5 semaines avec une main fracturée. Le lendemain, 90 % des enseignant-e-s décident de se mettre en grève pour manifester leur solidarité à leur collègue.

Jeudi 3 octobre, une  AED au collège Martin Luther King de Villiers-le-Bel se prend un poing en pleine figure après avoir fait une remarque à un élève.

Vendredi 4 octobre, un enseignant du lycée Paul Émile Victor d’Osny se retrouve inconscient après qu’un élève lui a fait une prise de judo. Les personnels décident d’exercer leur droit de retrait et refusent de prendre les élèves jusqu’à ce que la DSDEN accepte leur demande d’audience.

Ces faits s’inscrivent dans la continuité des politiques entreprises depuis ces dernières années, entre réformes et diminution budgétaire. Les moyens ne cessent de diminuer. Depuis 2016, plus aucun lycée ne bénéficie du statut d’éducation prioritaire. Alors que le nombre d’élèves augmente, de moins en moins de personnes sont recrutées pour les encadrer. Il est important de s’interroger sur la gestion d’une classe à 35 élèves où les problématiques sont toujours plus compliquées et où les missions d’un-e enseignant-e ne s’arrêtent pas à la simple construction de savoirs. De plus, les AED se retrouvent dans des situations extrêmement précaires, avec une liste de tâches de plus en plus grande, et ne bénéficient en aucun cas de primes auxquelles les autres personnels ont le droit.

SUD éducation 95 rappelle qu’il est du devoir de nos supérieurs hiérarchiques d’assurer la sécurité de leurs agent.e.s Les cellules psychologiques envoyées par le Rectorat ne sont pas suffisantes pour répondre aux besoins des personnels. Seuls des moyens pérennes et la présence d’adultes peuvent pallier les problèmes.

Ces derniers événements révèlent, de plus, un manque de considération de notre Institution. Dans un contexte où les démissions croissent, les violences augmentent et les suicides se multiplient, il est urgent que notre ministre réagisse, cesse ses réformes qui détériorent nos conditions de travail et renforcent les inégalités.

SUD éducation 95 conseille à tous les personnels de se réunir régulièrement, d’organiser des heures d’informations syndicales pour parler de la souffrance au travail et de solliciter notre aide quand ils-elles en ressentent le besoin.

SUD éducation 95 revendique :

  • L’attribution des primes REP, REP + ou Politique de la ville à l’ensemble des personnels d’un établissement (AED, AESH, AP)
  • Une diminution du nombre d’élèves par classe (pas plus de 20 en éducation prioritaire)
  • Un recrutement massif de personnels
  • La titularisation de tous les personnels précaires, sans condition de concours et de nationalité
  • La tenue de commissions d’hygiène et sécurité régulières dans les établissements

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