Réforme des retraites : restons vigilant⸱es

Pour éviter la censure de son gouvernement, le nouveau premier ministre, François Bayrou, a annoncé le 14 janvier, dans son discours de politique générale, le lancement d’une « négociation sans taboo » proposée aux organisations syndicales ET patronales.

Alors que certaines forces politiques y voient une ouverture, il ne s’agit que d’une nouvelle manipulation pour poursuivre la même politique libérale de destruction des protections sociales, en faveur des actionnaires et des capitalistes.

Loi Retraites 2023 : une contre-réforme inacceptable

La loi actuelle, passée en force, à coup de 49.3 et de violences policières, par le gouvernement Borne est inacceptable à bien des égards. Après des mois de mobilisation puissante, largement soutenue par l’opinion, ramenant chaque semaine des millions de personnes dans les rues, le gouvernement a opté pour le déni de démocratie, en imposant une réforme rejetée par tou·tes.

Pour rappel, cette réforme, qui fait reculer l’âge minimum de départ à la retraite à 64 ans c’est:

  • Une augmentation des inégalités sociales puisque l’espérance de vie en bonne santé est plus faible dans les classes les moins aisées, alors même qu’elles commencent à travailler plus jeunes.
  • Une augmentation des inégalités de genre, du fait des inégalités salariales et des carrières incomplètes. Dans l’Education nationale, cela est particulièrement visible en raison de la forte féminisation de nos professions, notamment les plus précaires, comme les AESH.
  • Une négation de la réalité des souffrances au travail, vécues par nombre d’entre nous. Cela oblige, de fait, les travailleur·euses les plus abimé·es par leur métier, à partir sans pension complète.
  • Un moyen de faire des économies en évitant de recruter le personnel nécessaire au bon fonctionnement des services publics, dont l’Education.

Nouvelles concertation avec les “partenaires sociaux” : attention aux attaques masquées

Ne nous voilons pas la face, le gouvernement Bayrou droitier et libéral, cherchera par tous les moyens à faire reculer nos acquis sociaux et à remettre en question le principe de redistribution.

Ces concertations doivent donc être suivies avec attention, pour qu’elles ne débouchent pas sur de fausses solutions, qui aggraveraient encore une situation déjà inacceptable.

Nous n’oublions pas 2019, et le projet de réforme des retraites à points, favorisant les hauts salaires et aggravant de façon scandaleuse les inégalités sociales. Ce projet ouvrait la porte à la capitalisation, c’est-à-dire à l’investissement dans des fonds de pensions privés, qui peuvent s’effondrer à tout moment.

Un tel projet pourrait très bien être déterré par le gouvernement et soutenu par les organisations patronales. Dans ce contexte, rester soudé-es est une nécessité.

C’est pourquoi, SUD éducation 95 revendique :

  • L’abrogation de la réforme des retraites de 2023 sans condition
  • Le départ à la retraite à 60 ans pour tou·tes, avec 37,5 annuités, sans décote
  • 5 ans de départ anticipé sur cet âge légal pour pénibilité
  • Le refus catégorique de tout système de retraite par capitalisation
  • Pas de retraite en dessous du SMIC
  • L’augmentation des salaires pour financer un système pérenne de retraite socialisée
  • La titularisation des tous les personnels de l’Education nationale
  • Un véritable statut pour les AESH avec un temps plein de 24h sans réduction de salaire
Tract-janv-2025

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