Communiqué : Décisions discriminatoires pour la fête de l’Aïd El Fitr.

Dans le Val d’Oise, comme dans d’autres départements, les demandes d’autorisation d’absence pour la fête de l’Aïd El Fitr, ont donné lieu à des excès de zèle contraires à la loi et la laïcité par certains membres de la hiérarchie de l’Éducation Nationale.

Les collègues ont demandé en avance, comme c’est leur obligation, une autorisation d’absence pour fête religieuse le lundi 31 mars. L’absence n’est pas de droit, elle peut être accordée dans la mesure où elle est compatible avec le fonctionnement normal du service. Et elle a été accordée. Certain-es chef-fes d’établissements, IEN ou chef-fes de services sont au dernier moment revenus sur l’autorisation accordée, suite à l’annonce par le recteur de la Mosquée de Paris, que la fête se tiendrait le dimanche 30 mars en France.

Nous avons par exemple la connaissance d’un mail du vendredi 28 mars en fin d’après midi,où il est écrit :
« La fête de l’Aïd étant finalement fixée à dimanche, les autorisations d’absence signées pour le lundi 31 mars n’ont finalement plus lieu d’être.
Chaque enseignant et AESH est attendu à son poste lundi matin. ».
Or il est écrit dans le texte :

« La date de l’Aïd El-Fitr étant fixée à un jour près, les autorisations d’absence peuvent être accordées, sur demande de l’agent, avec un décalage en plus ou en moins. Ces fêtes commencent la veille au soir ». (Circulaire du 10 février 2012 cf encadré plus bas).


En se basant sur les annonces du recteur de la mosquée de Paris l’Éducation Nationale et ces chef-fes sont sortis du cadre laïc pour baser leur décision sur des conceptions théologiques. Les deux dates coexistent, ce n’est pas à l’Éducation Nationale d’en choisir une, le texte du décret prend en compte cette variation.

De plus, en annulant le vendredi 28 au soir, l’autorisation du lundi 31 au matin, il n’y a aucune prise en compte des éventuels engagements, réservations, déplacements, qu’auraient pu prendre les agent-es sur la base d’une autorisation accordée.

Il nous paraît que ces mesures discriminatoires et vexatoires envers nos collègues relèvent de l’islamophobie, encouragée et développée au plus haut sommet de l’état, et notamment dans notre ministère depuis la loi de 2004, la circulaire de M. Chatel sur les accompagnatrices de sorties scolaires et récemment portées à leur paroxysme par M. Blanquer et ses colloques sur l’islamo-gauchisme ou la circulaire dite « Abaya » de M. Attal.

SUD éducation 95 sera attentif à ce que les droits des personnels soient bien respectés, en accord avec les réglementations en vigueur. SUD éducation 95 exige le respect de l’article 1 de la Constitution : «  Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. ». Nous nous réservons le droit d’entamer d’autres démarches en cas de réitération et notamment en cas de retenue sur salaire pour service non fait à la date du 31 mars.

Circulaire du 10 février 2012 : relative aux autorisations d’absence pouvant être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions