Sud Éducation 95 apprend avec tristesse et colère l’information du passage à tabac d’un jeune homme de 17 ans, Aly, à Garges-lès-Gonesse par quatre policiers dans la nuit du 14 juillet. C’est un jeune qui a fréquenté les établissements dans lesquels nous travaillons et est actuellement lycéen.
Nos premières pensées vont à Aly, sa famille, ses proches traumatisé-es par cette agression. Nous saluons leur courage et souhaitons à Aly, de se remettre au mieux de ses blessures physiques et psychologiques.
La description des faits, si elle est confirmée, est celle d’une agression raciste, barbare et lâche. Quatre policiers qui enlèvent, humilient et tabassent un jeune homme sans défense, puis l’abandonnent dans la nature. Ces faits décrits sont extrêmes, mais ils ne sont pas étonnants dans un contexte de montée de l’extrême droite et du racisme en France et encore plus dans la police ; dans l’escalade vers l’outrance fasciste des Ministres de l’Intérieur successifs.
Nous constatons déjà cette violence de la Police, autour de nous dans les manifestations par exemple, rapportée par nos élèves, ou dans les multiples témoignages écrits ou vidéos. Nous nous souvenons des nombreux jeunes hommes racisés, tués par la police précédemment ou des jeunes de Trappes, à genoux, aligné-es, tenu-es en respect et ridiculisé-es dans des vidéos par des policiers armés.
C’est cette même police qui a été appelée toute l’année, par la volonté coordonnée des ministres Retailleau et Borne, à faire des fouilles devant les lycées. Nous nous opposons une fois de plus à ce que les abords des établissements scolaires soient des lieux de brimades et d’oppression pour nos élèves.
Les jeunes de Garges-lès-Gonesse, se sont révoltés et ont affronté la police depuis ce triste événement. Si cette colère est légitime, nous sommes à présent extrêmement inquiet·es des répercussions sur les jeunes, nous craignons que d’autres ne soit blessé·es, mutilé·es ou tué·es dans des affrontements avec une police utilisant des moyens militaires.
Les auteurs de ce lynchage doivent être jugés et cette escalade dans la violence contre les quartiers populaires doit prendre fin. Il faut maintenant stopper la surenchère à l’armement de la police ainsi qu’à son utilisation comme force d’occupation raciste des quartiers populaires.
Nous nous solidarisons avec nos élèves et leurs familles, qui dans les quartiers vivent avec la crainte de la police. Nous demandons justice pour Aly.
