Droits des AESH : audience à la DSDEN.

Le mardi 26 mai nous avons rencontré des représentant-es de la DSDEN, pour évoquer divers points sur les maltraitance institutionnelle des AESH et sur leurs droits. La CGT Educ’Action 95 nous a accompagné. Il y a une DASEN Adjointe, des IEN-ASH, la nouvelle secrétaire générale, un adjoint au DASEN pour le premier degré.

Notre intervention

Elle était basée sur nos remontées de terrain, les dossiers que nous avions suivi. Elle reprend le tract de février 2026.

  • Statut très désavantageux : salaire misérable, temps partiel imposé, mobilité entravée
  • Entrave de l’éducation nationale à reconnaître des droits : nécessité d’attaquer l’état en justice sur la question des primes REP REP+. Exemple de mépris institutionnel : la première étape de la démarche a consisté à attendre deux mois que le recteur ne réponde pas aux demandes. Puis de même pour le médiateur de l’Éducation Nationale.
  • Les AESH sont placées en telle position que tout personnel de l’Education Nationale se retrouve en position de supérieur hiérarchique, légitime ou non.

Nous demandons, une reconnaissance des compétences et spécialisations développées, une prise en compte de la professionnalité des collègues. Nous voulons que cela se traduise dans leurs affectations, la prise en compte de leurs vœux et avis, de la façon de s’adresser à elles, de leurs droits notamment syndicaux. Nous demandons à cesser l’expérimentation des PAS, qui risquent de ne pas être pérénisés.

Pour nous, le statut dégradé des AESH donne une autorisation implicite pour les maltraiter aux autres personnels (y compris professeurs). Et cette attitude dégradée vis-à-vis des AESH est à l’image du traitement du handicap dans l’EN.

Les PIAL et les affectations

Le passage aux PIAL a développé une « gestion » des affectations des AESH déshumanisée.

  • Cela se ressent dans l’usage décomplexé des réaffectations sanctions. Sanctions déguisées et jamais assumées. Exemple à chantereine ou aux touleuse.
  • Nous demandons une intervention pour faire cesser, et décourager par avance les pratiques humiliantes sur les AESH telles que les pratiques d’émargement proposées en début d’année à Chantereine Sarcelles.
  • Cesser l’expérimentation des PAS, qui n’est pas passée à l’Assemblée.
  • Nous demandons un rappel fort aux pilotes de PIAL : l’affectation et le suivi à l’année sont la norme, le changement d’affectation est marginale et négocié avec un délai de prévenance.

Reconnaissance professionnelle

Nous demandons

  • une reconnaissance des acquis de l’expérience : 1er ou 2nd Degré, maternelle ou élémentaire, collège ou lycée, les différences de niveaux des élèves entraînent des postures professionnelles différentes. Nous demandons une prise en compte dans les affectations.
  • Que soit reconnu la compétence et encouragé la prise en compte des observations des AESH dans le suivi des élèves.

Droits des AESH

nous demandons à ce que les droits élémentaires des AESH soient respectés :

  • Nous demandons des communications via les canaux professionnels : nous avons de trop nombreux exemples de changement d’affectation par voie de SMS ou téléphonique sur le portable personnel, sans écrit passant par le mail académique.
  • Gestion des primes REP/REP+
  • questionnement sur les problèmes de salaires
  • Nous demandons à ce que les AESH retrouvent leur affectation à l’issue d’un congé maladie, maternité.
  • Nous demandons que dans les communications pour entretien avec la direction du PIAL, les droits élémentaires soit rappelés : possibilité d’être accompagnée, de proposer un autre rendez vous. Nous demandons à ce que l’objet des entretiens soit précisé, les documents à apporter précisés.

Discussion, réponses de la hiérarchie

Création d’une charte

L’administration reconnait les mauvaises pratiques, les mauvaises attitudes, les maltraitances rapportées. L’administration dit que ce serait « gagnant gagnant » cela éviterait des congés maladies, des changements de métiers. Elle propose l’écriture d’une charte. D’abord via un groupe de 7 chef-fes d’établissements travaillant sur l’école inclusive, en y associant le GT sur le sujet, puis des AESH référentes

Nous avons demandé explicitement à ce que les AESH soient associées à l’écriture d’une telle charte. Mais l’administration ne veut pas les libérer de suivi pour cela. Nous avons proposé de déléguer des AESH avec du Crédit Temps Syndical pour cela. Nous pouvons nous emparer de l’écriture de cette charte pour recueillir et mettre en avant les revendications des AESH.

Droits des AESH

Information : Des digipad pour les AESH et AESH référentes sont censées exister. Sans doute pour expliquer des bonnes pratiques professionnelles. Les AESH présentes n’en ont pas entendus parler. Les digipads doivent être rediffusés.

Affectation : Les AESH sont affectées à des PIAL. Donc il n’y a aucune garantie de retrouver son poste après un congé maladie, maternité etc. C’est le propre du PIAL d’avoir instauré cette insécurité. De plus, les notifications engendrent des changements dans les suivis. Les changements doivent être exceptionnels, mais il n’y aura aucune garantie sur les postes des AESH. L’enjeu de la charte est de faire valoir, les vœux des AESH, leurs compétences/ préférences, l’organisation des personnes, des délais de prévenance et une communication des changements d’affectation par le mail académique et non par SMS ou téléphone.Affectation auprès des élèves très difficiles : faire attention à ne pas y nomme des AESH nouvellement recrutées.

Mobilité/ mutation : Pas de mouvement statutaire, mais à ce moment de l’année, à partir des bilans les situations sont étudiées. Toutes les situations traitées favorablement l’an dernier. Mais il faut un avenant de contrat.

Convocation situation de tension/ manière de servir  : si un soucis nécessite qu’une AESH soit convoquée, la hiérarchie souhaite que le chef direct soir présent en plus des pilotes du PIAL. Cela répond à des convocations avec des pilotes de PIAL ne connaissant la situation que indirectement. Dans la charte nous demandons une convocation, avec un objet, le rappel du droit à être accompagnée, à faire changer la date pour cela.

Dettes, problème de salaire : pas de subrogation. Dans le guide administratif, c’est noté.

Demander soit étalement de la dette, soit remise gracieuse aux finances publiques. En cas de besoin contacter AS de la DSDEN.

Prime REP REP+

Prime rétroactive : l’administration a indiqué que l’ensemble des collègues concernés a reçu ou va recevoir le document relatif à cette prime. Les services s’engagent à l’envoyer à tous les collègues concernés.Apparemment c’est une erreur des services que ce document détaillant les sommes ne soit pas parvenu.À ce jour, environ 200 dossiers ont été traités, 200 sont en cours de traitement, et 200 restent à traiter. Nous avons le plus de dossiers de l’académie.
Intérêts moratoires : la demande n’est pas automatique. Les collègues doivent en faire la demande individuellement. Les services attendent actuellement les calculs de l’académie avant de procéder aux versements. Pour les collègues formulant actuellement leur demande, il est demandé d’envoyer uniquement le courrier de demande, sans joindre les fiches de paie.

AED : le traitement des demandes va commencer.

PAS

Pour les PIAL devenant des PAS l’an prochain, le budget est déjà voté donc pas question de l’interrompre pour la Direction Académique

La hiérarchie est persuadée que ça ne peut que apporter de l’amélioration. Deux postes en plus par PAS (pédago et médico social). Selon nos interlocuteurices cela ressemblerait aux DABPMS existant mais à demeure. Cela servirait selon iels à l’interface MDPH Famille les 64 pials vont passés en PAS d’ici 2027 (d’où 128 postes en plus) PAS interface MDPH Famille École

Il y aurait autant de PIAL que de PAS, les PAS auraient le même périmètre que les PIAL, donc pas de regroupement, de changement de découpage géographique.

Fin du compte rendu.

Les revendications de SUD Education pour les AESH

Nous voulons, pour un système éducatif inclusif, public et gratuit :

  • la fin du financement des structures médico-sociales privées qui font des bénéfices sur le dos des personnes concernées. Cette gestion néolibérale des services publics n’est plus supportable : de l’argent public, pour une école publique inclusive !
  • l’inclusion progressive dans l’Éducation nationale des établissements médico-sociaux par le transfert des moyens et des personnels dans l’école publique, en concertation avec les personnels du santé-social, de façon à inclure tou·tes les élèves en situation de handicap au sein d’une seule école ;
  • la baisse du nombre d’élèves par classe.

Nous voulons, pour les AESH :

  • le statut de fonctionnaire par la création d’un corps de fonctionnaire d’éducateur·rice scolaire spécialisé·e ;
  • l’augmentation des salaires ;
  • la reconnaissance d’un temps plein pour 24h d’accompagnement ;
  • l’abandon des Pial et Pas et de leur logique de mutualisation ;
  • le droit à la formation, au remplacement, et à la mobilité.