Canicule : une gestion au cas par cas par le ministère

Communiqué fédéral du 19 juin

Le jeudi 18 juin, le ministère a organisé une réunion extraordinaire sur la gestion de la vague de forte chaleur autour de deux sujets principaux :

  • la fermeture des écoles et des établissements scolaires
  • le report des oraux de français ou du grand oral

Autant le dire tout de suite : il n’y a aucune annonce fracassante et le ministère a maintenu le principe d’une gestion au cas par cas.

Sur la fermeture des écoles et des établissements scolaires

Dans le premier degré, le ministre a demandé aux recteurs·trices d’agir au cas par cas, en fonction du niveau d’alerte et en fonction de l’isolation du bâti scolaire, qui conditionne la capacité à accueillir les élèves et les personnels. S’agissant des écoles, l’éventuelle décision de fermeture doit être concertée entre la DSDEN (qui dispose des remontées des écoles), le ou la maire et le préfet ou la préfète.

Dans le second degré, la décision dépend du préfet ou de la préfète, même si le ou la chef·fe d’établissement peut décider d’interdire l’accès aux locaux aux élèves et aux personnels en cas de danger grave et imminent.

Sur le report des épreuves

Le ministre a réuni les recteurs et rectrices pour leur demander d’intervenir au cas par cas pour reporter les épreuves orales, notamment les oraux qui auront lieu lundi après-midi.

Un travail d’identification est mené avec les directions des examens et des concours (DEC) et les chef·fes de centre. Le ministère annonce qu’un premier point sera fait ce jeudi soir pour prendre les dispositions le plus tôt possible. Les reports doivent intervenir le cas échéant avant le week-end et les recteurs·trices sont d’ores et déjà fondé·es à prendre des décisions concernant les épreuves organisées le mardi.

Le ministère indique que les candidat·es seront appelé·es en cas de report des épreuves et que l’objectif est de tenir les délais des jurys.

Les épreuves du diplôme national du brevet auront quant à elles lieu le matin (sauf l’épreuve de sciences) donc elles ne seront pas concernées par ce report.

Interpellé sur le défaut de mesures pour le baccalauréat professionnel au cours du mois de mai, le ministère indique que des solutions sont à l’étude pour que, l’année prochaine, les épreuves aient lieu le matin.

L’avis de SUD éducation

Pour SUD éducation, la gestion de ce nouvel épisode caniculaire est révélatrice du manque d’anticipation du ministère : le réchauffement climatique n’est malheureusement pas une donnée nouvelle et les épisodes comme celui que nous connaissons risquent d’être plus fréquents et plus intenses dans les années à venir. Il est donc urgent de mieux se préparer,  à tous les niveaux :

  • en lançant un programme ambitieux de rénovation thermique du bâti scolaire ;
  • en équipant les écoles et les établissements des équipements permettant de s’adapter aux fortes chaleurs (stores, volets, brasseurs d’air, brise-soleil) ;
  • en adaptant les calendriers des examens et en programmant des dates de report connues à l’avance ;
  • en recensant les mesures de prévention dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnelles et en prévoyant les mesures de protection des personnels.

Dans l’immédiat, SUD éducation a demandé à ce que des consignes claires soient adressées aux recteurs·trices et relayées dans les écoles et les établissements, en particulier en ce qui concerne les critères de fermeture mais également en ce qui concerne les autorisations d’absence qui doivent être accordées aux personnels vulnérables. Il n’est pas acceptable que les académies traînent des pieds pour faire connaître la possibilité, pour les personnels à risque, de bénéficier d’une autorisation d’absence.

De même, les personnels sont en attente de consignes pour autoriser officiellement les familles à garder les élèves, cette souplesse permettant de mieux adapter l’organisation dans les écoles.

En l’absence d’un cadrage national avec des critères objectifs, SUD éducation a mis en garde contre cette gestion au cas par cas, qui risque de se traduire par des grandes disparités dans le traitement des situations et dans la prise de décision, que ce soit sur le report des examens, sur la fermeture des écoles et établissements ou sur les autorisations d’absence accordées aux personnels vulnérables.