Avec la multiplication et le rapprochement des épisodes de canicule, nous devons lutter syndicalement sur nos lieux de travail pour assurer la santé et la sécurité de tous-tes, mais également nous battre pour que notre planète reste habitable.

La canicule est un moment révélateur car pendant quelques jours nous ne pouvons pas réellement exercer nos métiers : il n’est pas possible d’assurer l’hygiène des salles, de faire les repas de la cantine, de s’occuper des extérieurs, d’accompagner les élèves, d’enseigner, de gérer la vie scolaire ou le travail administratif. La chaleur rend impossible notre exercice du service public.
Notre incapacité est accrue par le déni de nos chef-fes, qu’iels soient dans l’établissement, dans la circonscription, au PIAL, au rectorat, au département, à la région ou l’état. Notre incapacité est accrue parce que nos logements et ceux de nos élèves atteignent des températures qui ne nous permettent pas de récupérer pour la journée du lendemain. Pourtant, on nous impose de continuer de fonctionner, comme si de rien n’était, comme si les quelques aménagements marginaux qu’on nous octroie étaient suffisants, acceptables.
Nous faisons face à un double problème : il faut faire en sorte que nos écoles et nos établissements restent accessibles en cas de fortes chaleurs et lutter contre le réchauffement climatique qui créé cette situation. Notre action syndicale doit servir à améliorer nos conditions de travail et d’apprentissage de nos élèves. Nous pouvons inscrire ces revendications dans nos lieux de travail, comme l’isolation des bâtiments, la végétalisation des cours, la multiplication des points d’eau, la protection des fenêtres, la mise en place de système d’aération et de climatisation.
Notre combat écologique doit être anticapitaliste. De la structure capitaliste de notre société découle le dérèglement climatique dont nous subissons aujourd’hui les effets.
Pour se maintenir, les entreprises capitalistes doivent continuellement augmenter leurs profits, elles créent donc un modèle de consommation démesurée tout en réduisant au maximum les coûts de production, en n’augmentant pas les salaires, en ne réduisant pas notre temps de travail, en n’améliorant pas les conditions dans lesquelles nous exerçons notre métier. L’État participe de ce mouvement en se mettant au service du capital : ses politiques sont tournées uniquement vers la santé économique du pays plutôt que vers la santé des travailleur-euses et des enfants dont nous nous occupons : comment comprendre autrement que l’éducation nationale se transforme en garderie surchauffée lors des épisodes caniculaires ?
Nous ne devons pas accepter de nous laisser enfermer dans ce modèle. Notre action syndicale doit aussi être tournée vers la transformation de cette société. Il faut aussi inscrire ces revendications, dans nos établissements en proposant des adaptations qui tiennent compte des causes et non seulement des effets : végétalisation de l’alimentation dans les cantines scolaires, généralisation de la gratuité des transports en commun, refus des partenariats avec les entreprises responsables du dérèglement climatique.
Syndiquez-vous ❤️